Face au changement de cap européen, la Guadeloupe défend ses acquis
C'est un véritable bras de fer qui s'est engagé. Camille Pelage était à Bayonne le 12 juin dernier pour un sommet décisif. Alors que les instances européennes envisagent de modifier leurs priorités budgétaires et réglementaires, l’élu est allé plaider fermement auprès de la France, de l'Espagne et du Portugal pour faire front commun. La Guadeloupe, qui assure actuellement la présidence des RUP, est montée au créneau pour faire respecter l’article 349 du traité européen. L'objectif est clair : s'opposer aux nouvelles directives en exigeant le maintien du POSEI agricole, l'adaptation de la taxe carbone maritime et le maintien de la gestion des fonds européens au niveau régional.
« Nous réclamons le respect de l’équité. Chez nous, le transport maritime et aérien n’est pas une option, c’est une obligation », rappelle avec force le vice-président.
POSEI et Taxe Carbone : Les dossiers chauds du monde économique
En tant que président de la commission de l'Économie bleue et rapporteur de l'Économie verte, Camille Pelage tire la sonnette d'alarme sur deux arbitrages financiers majeurs :
- Le maintien du POSEI pour nos agriculteurs : Les négociations sont féroces. L'élu se rend d'ailleurs l'après-midi même à la commission Outre-mer de Régions de France pour exiger le maintien de l’intégrité du POSEI et un financement à 100 % par l'Europe, garantissant une visibilité à long terme pour les professionnels de la terre.
- Le piège de la taxe carbone maritime : Censée défendre l'écologie, cette taxe fragilise la Guadeloupe face à ses voisins caribéens. Camille Pelage prend l'exemple des navires de croisière (comme la compagnie Costa) : pour éviter cette taxe, ils risquent de débarquer leurs clients à Sint Maarten ou en Dominique plutôt que chez nous. De plus, cela renchérit le coût des matières premières importées pour nos entreprises locales.
Une dimension géostratégique majeure
Face à une Europe qui pivote vers la défense et l’intelligence artificielle, Camille Pelage rappelle que l’Europe a besoin de nos territoires pour exister à l'échelle mondiale :
- La Guadeloupe apporte à elle seule 90 000 km² de Zone Économique Exclusive (ZEE).
- 90 % de la biodiversité européenne se trouve dans les Outre-mer.
- C'est dans nos régions que se jouent la recherche et l'innovation de demain.
Politique locale : Pas de rupture avec Ary Chalus et fidélité à Marie-Galante
Sur le plan politique, l'invité à clarifié ses relations avec le président de Région, Ary Chalus : malgré des discussions parfois vives — qu'il attribue à son propre caractère et à ses convictions sur l’évolution institutionnelle —, la confiance reste totale. Il salue d'ailleurs l’efficacité reconnue par l'Europe de la gestion locale des fonds européens par la Région Guadeloupe.
Enfin, interpellé sur sa commune de Saint-Louis et l'île de Marie-Galante, Camille Pelage a balayé d'un revers de main toute idée de retrait :
« Pas du tout ! J’aime ma commune, j’aime Marie-Galante, je suis profondément Marie-Galantais », a-t-il martelé. S'il précise qu’il ne faut pas y voir l'annonce d'une candidature aux prochaines élections, il réaffirme se tenir entièrement à la disposition de sa population.
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